Comment Faire Une Dissertation En Francais

Proposée par Sciences-Po et OpenClassrooms, cette fiche méthodologique, première d’une série de huit, détaille en vidéo et textes les règles à connaître pour réussir une dissertation.

Cette fiche méthodologique est proposée par Sciences-Po, associé à OpenClassrooms, pour accompagner les lycéens vers le bac et les études supérieures. Nous republions progressivement sur Le Monde.fr/campus les huit fiches e-methodo conçues par des enseignants de lycée et de Sciences Po : rédiger une dissertation, un commentaire de texte, prendre des notes, lire une carte, faire une recherche sur Internet, organiser son temps durant un examen ou concours...

La dissertation est l’exercice phare de l’enseignement des sciences humaines en France. C’est une sorte de test de compréhension du cours, qui va mettre aussi à l’épreuve votre capacité de réflexion, votre capacité à argumenter et votre culture générale. C’est surtout un exercice très codifié, dont il faut respecter les règles si vous voulez le réussir. Connaître vos leçons ou réfléchir vite ne suffira pas !

Le but de la dissertation est de vous inciter à structurer une réflexion cohérente, écrite et argumentée qui réponde à une problématique, en fonction de règles prédéfinies.

  • Structurer => car il faut suivre un découpage clair et progressif

  • Cohérente => car il faut que toutes les parties répondent à la problématique.

  • Écrite => car c’est en écrivant que l’on apprend à écrire, que ce soit sur le plan stylistique, argumentatif, orthographique.

  • Argumentée => car chaque idée doit être développée, appuyée par un exemple, prouvée par la démonstration, pour convaincre le lecteur.

  • Problématique => car il faut dégager un angle à partir du sujet donné.

  • Règles prédéfinies => car c’est un exercice académique, et pour que tout le monde soit évaluable sur les mêmes critères, il faut que tout le monde les respecte. En sport, on ne pourrait pas noter un participant qui jouerait au foot au milieu d’un tournoi de basket. Ici, c’est identique, il faut suivre les règles sous-entendues par le terme de “dissertation”.

Nous allons donc voir tous ces aspects incontournables de la dissertation en suivant la chronologie d’une épreuve.

Lire aussi :   Quiz : Savez-vous faire une dissertation ?

Organisez-vous

Vous vous asseyez dans la salle d’examen pour réaliser votre dissertation. D’abord, organisez-vous ! Réfléchissez au temps que vous avez pour la faire, et fixez-vous une répartition du temps, que vous noterez tout de suite au brouillon. C’est la meilleure façon pour ne pas vous laisserdéborder.

En 2 h 30

Pour l’épreuve d’entrée à Sciences Po, vous devez faire votre composition en 2h30 environ. Rendez-vous prochainement sur la fiche « Organiser son travail lors d’une épreuve limitée dans le temps » pour plus de renseignements.

En 4 heures

Pour une épreuve de 4 heures et un plan en 3 parties, il vous faudra consacrer environ...

1h35 : brouillon

  • 10 minutes pour le choix du sujet

  • 15 minutes pour décortiquer le sujet et problématiser

  • 20 minutes pour poser les idées en vrac

  • 30 minutes pour concevoir le plan et ajouter les exemples

  • 15 minutes pour rédiger l’introduction au brouillon

  • 5 min pour rédiger la conclusion provisoire au brouillon

2h15 : rédaction

  • 5 minutes pour recopier l’introduction

  • 40 minutes par partie

  • 10 minutes pour la conclusion

10 minutes : relecture

En 5h

Pour une épreuve de 5 heures et un plan en 3 parties, il vous faudra consacrer environ...

1h45 : brouillon

  • 10 minutes pour le choix du sujet

  • 15 minutes pour décortiquer le sujet et problématiser

  • 25 minutes pour poser les idées en vrac

  • 35 minutes pour concevoir le plan et ajouter les exemples

  • 15 minutes pour rédiger l’introduction au brouillon

  • 5 min pour rédiger la conclusion provisoire au brouillon

3h : rédaction

  • 5 minutes pour recopier l’introduction

  • 55 minutes par partie

  • 10 minutes pour la conclusion

15 minutes : relecture

Décryptez le sujet

Comment décrypter ?

Maintenant que vous savez le temps vous allez consacrer à chaque étape de l’épreuve, il faut s’attaquer au sujet. Un sujet, cela peut être plein de choses : une question, une citation, une affirmation… L’important est de le disséquer pour comprendreles enjeux sous-entendus par ce sujet et d’en tirerune tension, une question, à laquelle votre dissertation répondra.

Pour savoir comment problématiser votre sujet, nous publierons bientôt une fiche consacrée à cette question.

Pourquoi décrypter ?

Ce qu’il faut absolument retenir, c’est qu’une problématique est un angle d’attaque, une façon particulière d’aborder un sujet. Et c’est elle qui vous permettra de prioriser les idées qui vous viennent, de les organiser pour y répondre. Le sujet n’est pas une problématique et une problématique n’est pas un sujet.

Un sujet est une formulation générale, qui autorise plusieurs problématiques, et qui ne souligne pas forcément un problème particulier. Exemples :

  • Gains de productivité et croissance économique

  • Les partis ouvriers allemands de 1875 à 1933

  • Qu’est-ce que l’art ?...

Si vous traitez ces sujets sans les problématiser, vous allez probablement transformer votre dissertation en catalogue, dans laquelle vous présenterez par exemple tous les partis ouvriers allemands ou toutes les formes d’art qui existent. Mais ce n’est pas du tout ce qu’on vous demande !

La problématique entre alors en jeu : à partir d’un sujet, quelle question particulière pouvez-vous vous poser pour éclairer le thème proposé ?

  • Pour le sujet d’économie “Gains de productivité et croissance économique”, il faut s’interroger sur la relation entre les deux notions, pour en tirer une question, comme “Comment la productivité stimule-t-elle la croissance et comment la croissance encourage-t-elle la productivité ?” Ou encore “Quels sont les effets positifs et les effets négatifs de la productivité sur la croissance ?”.

  • Pour le sujet d’histoire“Les partis ouvriers allemands de 1875 à 1933”, il faut essayer de comprendre la tension qui rend ce sujet intéressant. On peut la formuler en se questionnant sur le rapport des partis avec les syndicats : “Comment s’articulent les partis et les syndicats allemands ?” Ou en se focalisant sur la tension idéologique : “Qu’est-ce qui oppose les réformistes des révolutionnaires ?” Ou encore sur la capacité du mouvement ouvrier à se rassembler durant cette période : “Comment le mouvement ouvrier est-il passé de l’unité à la division ?”.

  • Pour le sujet de philosophie, “Qu’est-ce que l’art ?”, la question est bien évidemment trop vaste et trop générale pour être une problématique. Il faut donc orienter le traitement que vous allez faire du sujet en vous demandant “Comment l’art se distingue-t-il de l’artisanat ?”, ce qui vous fera réfléchir sur l’aspect transcendant, symbolique de l’art, ou en vous interrogeant par exemple sur les rapports entre l’art et le beau “L’art n’est-il que l’expression du beau ?”.

Structurez votre plan

Comment faire concrètement ?

Vous avez bien disséqué le sujet ? Vous en avez tiré une problématique ? Maintenant, posez vos idées en vrac, au brouillon. Notez tout ce qui vous passe par la tête, qui semble relié à la problématique, essayez de mobiliservos connaissances de cours qui pourraient vous servir, pensez à des exemples qui vous semblent parlant.

Vous pouvez par exemple prendre une feuille à l’horizontale et tracer 3 colonnes : celle de gauche vous permettra de mettre toutes vos idées, puis dans celle du milieu vous classerez vos idées en 2, 3 ou 4 parties, et en face de chaque idée, dans la dernière colonne, vous ferez figurer 1 ou 2 exemples étayant chaque idée.
Sinon, vous pouvez aussi prendre une ou plusieurs feuilles pour poser vos idées (n’utilisez que les rectos, pour ne rien oublier), puis tout reclasser et enrichir d’exemples sur une autre. À vous de voir !

Comment construire les différentes parties ?

Pour rassembler vos idées en 2 à 4 grandes parties, il faut absolument garder en tête que chacune à sa façon doit répondre à la problématique, et si possible en allant du plus évident au plus complexe, du plus descriptif au plus analytique, du détail au général.

Dans le cadre d’un plan dialectique (thèse, antithèse, synthèse) en 3 parties, la progression est assez classique. La première partie doit expliquer le plus évident, ce à quoi l’on pense dès la lecture de la problématique, c’est la “première couche” de votre réflexion. La deuxième partie apporte un tournant, un éclairage, ou une contradiction. La troisième partie, elle, dépasse les autres pour dégager les enjeux plus vastes, ou résoudre la contradiction apparente entre les deux premières parties…

Sujet de Philosophie : « Suis-je responsable de ce dont je n’ai pas conscience ? »
Problématique : En quoi la notion d’inconscient pourrait-elle me dédouanner de mes action ?

1. La question de la volonté de ce dont je n’ai pas conscience n’a pas de sens :
1.1 philosophie de la volonté infinie : importance de la conscience pour la conduite, et infinité de l’inconscient
1.2 doctrine freudienne : importance de l’inconscient

2. Je ne suis pas responsable de mes mobiles inconscients, mais je suis responsable de mes actes :
2.1 la moralité se constitue contre les inclinations
2.2 responsabilité, devoir et prise de conscience

3. Être responsable consiste aussi à reconnaître en moi ce qui échappe à ma conscience et à l’emprise de ma volonté :
3.1 la responsabilité exige que nous comprenions en nous l’homme de désir
3.2 la responsabilité, qui n’est pas culpabilité, se définit par la relation à l’autre

On peut penser à d’autres types de plan, comme le plan analytique (description, causes, conséquences),thématique (différents aspects d’une même question), comparatif (examiner deux notions puis dépasser leur clivage)...

Certains plans sont plus appropriés lorsque l’intitulé du sujet est introduit par certains verbes. Exemple : analytique avec « décrire », thématique avec « à quoi sert », dialectique avec « faut-il », etc.

On peut bien sûr combiner deux natures de plan dans les parties et sous-parties. En histoire, par exemple, il arrive souvent que les grandes parties soient définies chronologiquement mais qu’à l’intérieur de ces parties, on répartisse les arguments de façon thématique.

Votre plan de dissertation va aussi dépendre de la discipline : vous ne ferez pas le même type de plan en histoire, en lettres, en économie… En SES, on conseille souvent un plan en 2 parties, en histoire et en philosophie, 3 parties, en lettres, 3 ou 4. il faut structurer le devoir selon une logique de progression, qui va toujours du moins important au plus important.

Sujet de Sociologie : « Le travail, facteur d’intégration sociale ? »
Problématique : En quoi le travail peut-il apporter un bien-être en donnant un réseau social ?

I. Le travail est un facteur important d’intégration :
A) l’emploi accorde une place, une identité et une utilité sociales
B) l’arrêt du travail fragilise le lien et peut créer une marginalisation

II Le travail n’est pas toujours intégrateur et l’intégration est assurée aussi par d’autres biais :
A) certains employés sont isolés et communiquent peu avec autrui
B) la famille, l’amitié et les relations de loisirs

Rédigez l’introduction et la conclusion

Maintenant que votre plan est structuré et détaillé, il faut vous lancer. Et commencer à rédiger, d’abord l’introduction et la conclusion, au brouillon.

L’introduction

L’introduction, c’est la porte d’entrée de votre copie, il faut la soigner ! Sa construction est toujours la même.

Pour le sujet « En quoi l’État-providence assure-t-il la cohésion sociale ? », on aura une introduction structurée comme suit :

  • L’accroche (appelée aussi amorce), élément contextuel qui permet d’attirer l’attention du lecteur.
    La mise en marge de la société d’individus et le repli de communautés sur elles-mêmes sont toujours une menace pour toute société.

  • Présentation du sujet, éventuellement en le reformulant. Celle-ci a besoin de paix et de partager des valeurs et des activités sociales communes : c’est la cohésion sociale. En quoi l’État-providence joue-t-il un rôle dans cette cohésion ?

  • Choix de la problématique et mention des enjeux. Comment les pouvoirs publics peuvent-ils assurer cette harmonie ? Par quels mécanismes économiques et sociaux et avec quels moyens interviennent-ils ? À quelles limites se heurtent-ils ? S’interroger sur le rôle de cohésion sociale de l’État-providence donnera l’occasion d’analyser l’intérêt et les modalités de l’interventionnisme face aux conduites déviantes et à la fragilisation du lien social.

  • Présentation des grandes parties du plan (sans mentionner partie 1, partie 2 etc, cela doit sembler fluide). Vous avez plusieurs possibilités de formulation.
    Exemple 1 : Après avoir mis en valeur comment l’État-providence a notamment pour mission d’aider la population à satisfaire certains besoins, nous montrerons de quelles façons il essaye de maintenir la cohésion de la société.
    Exemple 2 : Si l’État-providence a notamment pour mission d’aider la population à satisfaire certains besoins, il dispose de moyens multiples pour essayer de maintenir la cohésion de la société.
    Exemple 3 : Comment l’État-providence aide-t-il la population à satisfaire certains besoins ? De quelles façons essaie-t-il de maintenir la cohésion de la société ?

La conclusion

Il ne faut pas oublier de la rédiger au brouillon juste après l’introduction, cela vous sera bien utile lorsque vous paniquerez à la fin de l’épreuve !
Vous devez la soigner, car c’est la dernière impression que vous laisserez au correcteur. Elle est composée de deux parties :

  • Le bilan, qui récapitule les résultats de chaque partie. Ne repartez pas dans des exemples, vous devez résumer à grands traits le cheminement de votre pensée en montrant que vous avez répondu à votre problématique.

  • L’ouverture, pour élever la réflexion. Vous devrez ouvrir le débat de façon pertinente, c’est-à-dire que vous pouvez relier votre sujet à une autre problématique, à des considérations actuelles, à une thématique plus large. Mais il faut que cette ouverture ait un sens, si vous manquez d’inspiration, cela pourrait vous pénaliser, il vaut mieux ne rien mettre plutôt que de faire une ouverture “bateau”.

Pour le sujet “La baisse du coût du travail est-elle la solution au chômage français ?” problématisé comme cela : “Dans quelle mesure agir sur le coût du travail pourrait servir positivement la réduction du chômage et, est-ce véritablement la seule action à privilégier ?”, on pourrait avoir la conclusion suivante :

1. Le bilan
Au-delà des partis pris, il semble difficile de trancher sur la supériorité de telle ou telle mesure. Toutefois, on ne peut ignorer les décisions de politique économique retenues par la présidence Hollande surtout depuis 2013. Elles semblent corroborer l’hypothèse qu’en agissant à la baisse sur le coût du travail, cela devrait permettre de restaurer les marges des entreprises, leur compétitivité prix tout en les rendant plus concurrentielles sur les marchés internationaux. Cette politique devrait alors pouvoir se traduire positivement en termes d’emplois comme le confirment les théoriciens de l’offre en général. Cependant, agir de la sorte risque de s’effectuer au détriment des ménages, de la demande de consommation tout en hypothéquant les attendus d’une politique de réduction du coût salarial.

2. L’ouverture
Il importe donc de parvenir au meilleur compromis dans un contexte financier étroit et marqué par un certain rejet de l’opinion publique à l’égard de la politique gouvernementale… On peut toutefois, à la veille des élections européennes, s’interroger sur la capacité de la France, seule, à réduire sensiblement le chômage. La réponse ne se situe-t-elle pas davantage à l’échelle européenne ?

Entrez dans le vif du sujet

Vous avez cerné votre sujet en rédigeant votre introduction, vous savez là où vous voulez en venir car vous avez rédigé une première version de votre conclusion. Maintenant, il faut dérouler votre développement ! Recopiez votre introduction, puis lancez-vous, en suivant votre plan détaillé.

Construire vos parties

Entre les différents morceaux de la dissertation, il faut “huiler les rouages” en utilisant des connecteurs logiques et des transitions, pour fluidifier la lecture et dérouler le raisonnement de façon logique. Vous pouvez les noter au brouillon sur votre plan détaillé si cela vous aide.

Les transitions servent à faire passer d’une partie à une autre, d’un paragraphe à un autre, d’une idée à une autre. Il suffit alors de rappeler l’idée précédente en la résumant au plus important, et d’annoncer celle qui arrive en faisant un lien logique.

Les connecteurs logiques servent de transition à l’intérieur même des paragraphes, et permettent de mettre en lumière des rapports logiques : de cause à effet, d’opposition, de nuance, de juxtaposition...

Exemples : ainsi, en effet, dans la mesure où, c’est-à-dire, comme le souligne, également, par conséquent, malgré, toutefois, certes, en définitive, c’est pourquoi...

Pour le sujet “La baisse du coût du travail est-elle la solution au chômage français ?” problématisé comme cela : “Dans quelle mesure agir sur le coût du travail pourrait servir positivement la réduction du chômage et, est-ce véritablement la seule action à privilégier ?” et avec le plan suivant :

1. La baisse du coût du travail semble être une solution efficace au chômage
1.1 Un constat empirique
1.2 Une approche validée théoriquement
2. Cet objectif est une solution à relativiser
2.1 Un constat global
2.2 D’autres pistes envisageables

Pour faire la transition entre les deux sous-parties de la partie 1, on pourrait imaginer la phrase suivante :

C’est un constat qui est fait à un temps T et qui nous apporte un argument en faveur de la baisse du coût du travail pour réduire le chômage. On pourrait opposer le fait que c’est un constat ancré dans une temps et un lieu précis, et probablement pas généralisable. Mais, il s’avère que c’est une approche qui a été validée théoriquement !

Les parties devront s’enchaîner naturellement grâce aux transitions et connecteurs logiques. Chaque partiese construit toujours comme suit :

  • Introduction de partie

  • 3 ou 4 paragraphes argumentés

  • Conclusion de partie

Il faut toujours introduire votre thématique globale, l’étayer par des idées argumentées qui sont elles-mêmes soutenues par des exemples, et récapituler les conclusions auxquelles vous êtes arrivé en suivant votre raisonnement.

Construire un paragraphe

Les parties sont donc composées de paragraphes argumentatifs, et ils doivent suivre la structure suivante :

  • Introduction / annonce de l’idée

  • Développement de l’idée

  • Illustration de l’idée

  • Déduction / conclusion

L’annonce de l’idée doit se faire à l’aide d’un connecteur logique pour créer le lien à partir de l’idée précédente. Vous devez énoncer l’idée générale de façon précise, en une ou deux phrase.

Puis, vous développerez votre argument, en donnant les détails nécessaires. Il faut montrer pourquoi cette idée est pertinente, apporter des précisions, la caractériser.

Pour étayer cette idée, il vous faudra donner au moins un exemple concret, qui vous permet de rendre votre idée crédible en la donnant à voir concrètement au lecteur. Vous pouvez aussi mentionner un exemple qui permettrait de nuancer l’idée ou de montrer ses limites. Mais dans ce cas il faut bien le préciser, sinon on pourrait vous reprocher de mal choisir vos exemples.

Puis vous devez tirer une synthèse de cette argumentation, qui confirme votre idée énoncée au début et qui la rend plus forte. Il ne faut pas que ce soit une simple répétition de l’annonce de l’idée, sinon l’argumentation n’avance pas et on tourne en rond. Il est bon de relier l’argument à la problématique à ce moment-là.

Une dissertation est avant tout une démonstration d’idée, ne l’oubliez pas ! Et il faut rentrer dans ces “cases” pour réellement répondre à l’exercice, n’essayez pas de faire original sur le plan de la méthode, cela ne paie jamais.

Bons conseils

Au-delà du fond de vos idées, que vous devez acquérir en travaillant, et de cette structure fixe, qu’il faut absolument respecter, d’autres éléments sont pris en compte par le correcteur. Gardez-les en tête !

Sur la forme :

  • Rendez un devoir propre. C’est tout bête, mais une copie sale, avec des tâches et une graphie illisible récoltera rarement une très bonne note.

  • Aérez votre devoir ! La disposition de votre texte donne des indications sur la structure de votre argumentation. Il faut sauter2 lignes entre l’introduction et la première partie, la deuxième et la troisième, et entre la troisième et la conclusion. Il faut sauter une ligne entre les sous-parties, commencer toutes vos sous-parties ainsi que l’introduction et la conclusion par un alinéa. Enfin, il fautaller à la ligne dès que vous changez d’“étape” à l’intérieur d’un paragraphe (dans l’introduction, entre l’amorce et l’annonce du sujet, l’annonce du sujet et la problématique, la problématique et le plan ; dans les parties, entre l’annonce de l’idée et le développement, etc.).

  • Mais il ne faut pas mettre de plan apparent, ne faites pas pas figurer dans votre copie les 1, 1.1 et autres. Gardez cela pour le brouillon.

  • N’oubliez pas la ponctuation, mettez des virgules, faites des phrases courtes, sinon votre correcteur va s’asphyxier !

  • Banissez les phrases alambiquées, allez au plus clair.

  • Faites attention à votre orthographe et votre syntaxe, un écrit truffé de fautes ne pourra pas être bien noté.

  • Restez dans un registre de langue soutenu, évitez toute familiarité et utilisez le vocabulaire adéquat.

Sur le fond :

  • Ne dites pas « Je », vous ne devez pas vous impliquer personnellement en tant qu’individu, même si c’est votre pensée que vous exposez.

  • La dissertation n’est pas un exercice de style, vous devez resterdémonstratif et objectif autant que possible.

  • Ne paraphrasez pas ni le sujet, ni les documents à votre disposition. Il s’agit ici d’expliquer, d’analyser, de démontrer.

  • Il faut bien délimiter votre propos, ne partez pas dans tous les sens et ne faites pas de discours trop général.

  • Soyez précis : si vous citez, ce n’est pas de façon approximative, si vous parlez d’éléments quantitatifs, citez des chiffres, si vous évoquez une période, donnez des dates.

Et enfin, relisez-vous ! Gardez toujours un peu de temps à la fin pour vous relire, cela vous évitera de ne pas finir votre devoir et vous pourrez corriger de potentielles erreurs de raisonnement et fautes d’orthographe.

Conclusion

La dissertation est un exercice difficile car il est très codé, et il faut respecter ces codes tout en réinvestissant vos connaissances dans cette structure classique. Mais c’est comme ça que vous apprendrez à construire une argumentation, un raisonnement logique, ce qui vous sera toujours très utile ensuite !

Vous avez peur d’oublier les étapes lorsque vous rédigerez ? Téléchargez cette grille, qui résume la structure-type d’une dissertation en 3 parties, 3 sous-parties.

Exemple corrigé à télécharger

Téléchargez le corrigé-type du sujet “Les inégalités ont-elles disparu des démocraties occidentales ?”.

Méthode de la dissertation au lycée

Cette fiche a été rédigée par Jean-Luc. | Version pdf

Définition

Une dissertation est :

  • une rédaction sur un sujet précis
  • une rédaction logique et organisée (en particulier au moyen d’un plan)
  • une rédaction personnelle.

Pour réussir cet exercice, il faut passer par quelques étapes indispensables :

Traiter le sujet posé

Toutes les étapes suivantes sont nécessaires :

  • lire le sujet une première fois en entier
  • distinguer les notions-clés, les verbes, les temps, les citations, les questions, déterminer les références probables (mouvement littéraire, siècle, événement historique ou culturel…)
  • délimiter le sujet : attention aux hors-sujets, en particulier se rappeler qu’un sujet n’est jamais une question de cours. Je dois éviter la tentation de plaquer artificiellement et à tout prix ce qui est en lointain rapport avec le sujet et qui n’aide pas à y répondre précisément.
  • distinguer la citation (si elle existe) de la question. La citation est un point de départ pour la réflexion.
    NB : Essayer de définir les termes les plus importants au brouillon peut aider.
Exemple de sujet

Une citation : « Aussi vaine que les nuages, aussi nécessaire que le pain, la poésie n’est plus forcément une maîtresse d’illusions. Elle peut être aussi, elle doit être surtout la réalité profonde prise aux mots, une vérité qui se fait chant. »
+ une question : Trouvez-vous que ces propos définissent correctement toute ambition poétique ?

 Règle no 1 : chercher à reformuler le sujet de façon à dégager la problématique. Pour ce faire, je recherche les notions clés.
La poésie = une forme ou un genre littéraire ?
Nuages = illusions, évasion, contraire de réalité, luxe.
Pain = nourriture, réalité, nécessité.
Réalité profonde = vérité + chant, musique.
La poésie est une nécessité vitale, elle doit s’incarner dans la réalité. Elle doit rechercher la vérité profonde dans les mots de tous les jours et leur donner une existence poétique en les  transformant en chant.

 Règle no 2 : d’accord ? Pas d’accord ? Ou plus généralement une préférence pour ou contre en tenant compte des objections rencontrées dans l’antithèse et en essayant de les dépasser.

Organiser logiquement son travail

Le travail au brouillon est l’étape la plus importante de la dissertation.

  • Première étape : réfléchir
  • Deuxième étape : trouver un plan
  • Troisième étape : trouver des liaisons logiques
  • Quatrième étape : vérifier l’ordre des arguments

Première étape : réfléchir

  • Trouver des idées qui correspondent au sujet
  • Trouver des exemples pour illustrer chacune des idées
  • Éviter les jugements de valeur, les opinions trop personnelles
  • Suite de l’exemple : Effectivement une grande part de la production poétique consiste à émerveiller ses lecteurs et à leur faire découvrir la beauté du monde ordinaire qui les entoure.

Deuxième étape : trouver un plan

  • Organiser les éléments entre eux
  • Construire deux ou trois parties, avec deux ou trois sous-parties chacune
  • Vérifier que la progression des idées est logique
  • Éliminer les plans-types, qui ne sont jamais adaptés au sujet :
    • Oui / Non / Peut-être
    • Par domaines (ex : poésie / théâtre / roman)
    • Thèse / Antithèse / Synthèse (très difficile à faire)

Proposition de plan dans notre exemple :
 Règle no 3 : le mouvement général de l’argumentation ou le plan

Ici, je suis plutôt d’accord

  1. La poésie doit s’inscrire dans la réalité
  2. Pourtant certains l’ont conçue comme une évasion à la découverte de terres nouvelles
  3. En fait la poésie ne réside pas dans son objet, elle est une transformation du langage ordinaire, une utilisation de toutes les ressources de la langue

Troisième étape : trouver des liaisons logiques

  • Déterminer des titres pour les parties
  • Déterminer les liens logiques entre les parties
  • Rédiger une seule phrase résumant l’ensemble. Exemple : S’il est vrai que (…), il est aussi vrai que (…), et bien plus (…). ou : Certes (…), mais (…), et qui plus est (…) Dans notre exemple : Même si la poésie peut s’inscrire dans la réalité la plus prosaïque, certains poètes l’ont conçue comme une évasion à la découverte de terres nouvelles, pourtant sa définition ou son objet sont à rechercher dans une transformation du langage ordinaire.

Quatrième étape : vérifier l’ordre des arguments

  • Les arguments doivent être rangés :
    • du plus faible au plus fort
    • du moins important au plus important
    • du contre au pour (ou du pour au contre, suivant l’opinion exprimée)
  • Dans notre exemple : La poésie peut ou doit s’inscrire dans la réalité, même si des poètes l’ont envisagée comme une évasion ; en fait la poésie ne se définit pas par son sujet, mais par sa manière, son art.

Je dois produire un plan détaillé, c’est-à-dire le schéma de mon argumentation avec ses idées principales et leurs exemples illustratifs, de façon à pouvoir rédiger directement le développement sur ma copie.

Dans notre exemple :

  1. La poésie doit s’inscrire dans la réalité
    • Le poète est celui qui m’apprend à mieux regarder le monde dans lequel je vis : la section "Tableaux parisiens" des Fleurs du Mal de Baudelaire…
    • Des objets simples peuvent accéder à une nouvelle existence sous le regard du poète : "la Bicyclette" de J. Réda, "la Dynamo" de Delerme, ou "le Pain" de Ponge…
    • Le poète est celui qui m’apprend à mieux vivre mes propres émotions, mes propres sentiments : le sentiment de liberté et d’évasion dans la nature au petit matin avec "Aube" de Rimbaud, ou l’angoisse de l’automne dans "l’Ennemi" de Baudelaire…
    • La poésie est donc nécessaire puisqu’elle me permet de vivre avec plus d’intensité et de sens ma propre nature humaine : la plainte du mal-aimé dans Gaspard Hauser de Verlaine…
  2. Pourtant certains l’ont conçue comme une évasion à la découverte de terres nouvelles
    • La vie ordinaire n’est pas belle, elle est grise et étouffante : le thème de l’exil dans "le Cygne" de Baudelaire…
    • La poésie est alors un refuge, une consolation : "l’Invitation au voyage" de Baudelaire…
    • La poésie est alors un instant de bonheur, une expérience de la beauté arrachée loin de la triste réalité : "l’Invitation au voyage" de Baudelaire…
    • La poésie doit explorer nos rêves : "le Bateau ivre" de Rimbaud…
    • Certains poètes ont voulu en faire un instrument de connaissance, lui ont donné une ambition métaphysique et l’ont élevée au rang de religion : "Correspondances" ou "Beauté" de Baudelaire…
    • Certains en ont fait une pure abstraction au risque de se couper de leurs lecteurs : "Jamais un coup de dé n’abolira le hasard" de Mallarmé…
  3. En fait la poésie ne réside pas dans son objet, elle est une transformation du langage ordinaire, une utilisation de toutes les ressources de la langue.
    • Le mot poésie veut dire « création » en grec. La poésie est un art qui cherche à tirer parti de toutes les ressources de la langue : lexicales, syntaxiques, sonores et rythmiques… Voir la fonction poétique du langage.
    • La réalité peut ne pas être belle et pourtant accéder à la beauté grâce au travail poétique : "Une Charogne" de Baudelaire…
    • La poésie est dans ce passage d’un langage utilitaire à un langage évocateur : "Hommage" de Mallarmé…

La rédaction au brouillon

Doivent être rédigés impérativement au brouillon :

  • L’introduction
  • La conclusion
  • Le reste doit être rédigé directement au propre.

Le style de la rédaction

Bien que rédaction personnelle, la dissertation doit être rédigée de manière impersonnelle. En d’autres termes, je dois livrer une pensée personnelle sans utiliser le je, ou le nous (qui cache maladroitement le je) ou le on. En fait, je vais utiliser la 3e personne et indiquerai mon opinion au moyen d’adjectifs, de verbes, d’adverbes judicieusement choisis.

Exemples : au lieu d’écrire « J’aime le lyrisme, la générosité et les antithèses de la poésie de Victor Hugo », je préférerai « La poésie de Victor Hugo se caractérise par son lyrisme brûlant, sa générosité enthousiaste ou indignée et ses puissantes antithèses ». Les quatre adjectifs qualificatifs (plutôt mélioratifs)  précisent mes goûts et sont plus efficaces.

Je reformulerai « On n’apprécie pas l’hermétisme de tel poème de Stéphane Mallarmé » en « Le tombeau d’Edgar Poe peut décourager ses lecteurs par son hermétisme si bien que l’accès à ses trouvailles stylistiques reste difficile tant qu’un sens n’a pu leur être attribué ».

Je bannis les mots passe-partout : faire, il y a, mettre…

Je relis ma rédaction pour éliminer les fautes d’orthographe.

L’introduction est divisée en différentes parties :
  • une accroche : phrase générale liée au sujet qui permet de l’amener en douceur. Éviter les banalités du type "de tout temps l’homme…"
    Dans notre exemple : « Dans l’esprit de la plupart de ses admirateurs, la poésie s’identifie principalement au lyrisme, et plus particulièrement à la célébration de l’amour. Pourtant ce n’est pas d’abord cette exaltation que devrait rechercher la poésie selon l’auteur de l’avis suivant ».
  • le recopiage du sujet : la citation (si elle existe) est recopiée, la question (si elle est posée) peut être reformulée (attention aux hors sujets) Exemple : "Aussi vaine que les nuages, aussi nécessaire que le pain, la poésie n’est plus forcément une maîtresse d’illusions. Elle peut être aussi, elle doit être surtout la réalité profonde prise aux mots, une vérité qui se fait chant." Entre nuages et nourriture substantielle, illusions et nécessaire réalité, son auteur invite à redéfinir l’ambition poétique.
  • une problématique : elle explique pourquoi la question posée fait problème (facile s’il s’agit d’un paradoxe). Elle met en place les éléments nécessaires pour la réponse : il s’agit d’une première analyse synthétique. Exemple : La définition de la poésie par son sujet laisse le lecteur face à un paradoxe : la poésie serait-elle un exercice d’imagination ou une évocation de la réalité ? Pour dépasser cette apparente contradiction, l’auteur suggère de rechercher l’origine de la poésie dans la nature de son langage.
  • l’annonce du plan choisi : éviter si possible les formules du type : "nous verrons dans un premier temps que…, puis nous nous demanderons si…, etc." Utiliser plutôt la phrase résumant les différentes parties. Exemple : Même si la poésie peut s’inscrire dans la réalité la plus prosaïque, certains poètes l’ont conçue comme une évasion à la découverte de terres nouvelles, pourtant sa définition ou son objet sont à rechercher dans une transformation du langage ordinaire.
    N.B. : ce n’est pas la peine de souligner les divisions de l’introduction par des alinéas.
La conclusion comporte :
  • une reprise de la problématique (attention à varier la formulation), enrichie de tout ce qui a été démontré.
    Exemple : Les poètes sont bien ces écrivains qui renouvellent notre regard du monde réel et qui par là éduquent notre sensibilité. Certains ne peuvent se contenter des limites trop étroites de ce monde connu et nous entraînent dans des voyages extraordinaires, parfois oniriques « au-delà des portes de corne et d’ivoire » comme Nerval. Tous cependant essaient d’inventer un langage propre à rendre compte de ces expériences.
  • une ouverture, si véritablement les arguments sont convaincants et si l’enchaînement est brillant. Sinon, mieux vaut l’oublier.
    Exemple : La notion de lyrisme évoquée dans l’introduction comme approche commune d’une définition de la poésie est finalement recevable. En effet, loin de se cantonner dans l’expression de sentiments personnels et universels, elle appelle aussi le chant au moyen de la lyre, instrument d’accompagnement, dont elle tire son nom. Oui, la poésie réside bien dans ce passage du langage ordinaire à la musique, elle est fondamentalement cette « sorcellerie évocatoire » que Baudelaire appelait de tous ses vœux.

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